J'ai pris mon vendredi après-midi pour pouvoir arriver avant l'ouverture des portes du concert, c'est-à-dire 20h. J'ai même prévu de dormir à l'hôtel car je nous voyais mal rouler pendant 3h tard la nuit pour le chemin du retour ; de plus, comme Villerupt se situe à 20 minutes du Luxembourg, j'ai pensé que c'était l'occasion de visiter sa ville ! 

Nous sommes donc arrivés vers 19h dans cette ville de Meurthe et Moselle qui organise chaque année le Festival du film italien depuis maintenant 31 ans ; de ce fait, une guirlande "Benvenuto a Villerupt" aux couleurs italiennes nous a accueillis avant de nous laisser entrevoir l'hôtel de ville où allait se jouer le concert. Autant dire que nous étions les premiers au rendez-vous ! Puis, vers 19h30, une foule a commencé à se masser devant les portes de la salle. L'impatience est à son comble, cela se lit sur tous les visages... Mais on nous annonce que les portes s'ouvriront un peu plus tard : en effet, le voyage de Nicola Piovani et ses musiciens jusqu'à Villerupt avait été retardé, et comme l'hôtel de ville leur avait promis une heure de répétition, ils n'avaient pas encore fini. Finalement, nous sommes entrés dans la salle à 20h40, alors que le concert devait commencer à 20h30. Mais ce qui nous allions entendre valait largement ce petit moment d'attente ! Petite déception tout de même : les meilleures places dans les premiers rangs étaient réservées à l'élite, nous obligeant à nous asseoir un peu plus loin, même si nous étions les premiers de la file. Mais nous avons quand même réussi à trouver une place assez proche de la scène avec un très bon angle de vue.

Un présentateur a d'abord parlé afin de nous parler de la fierté que la ville éprouvait d'avoir la chance d'accueillir un si grand compositeur, puis de rappeler aux photographes et aux cameramans de ne prendre des photos ou de filmer seulement pendant les trois premiers morceaux. Enfin Nicola Piovani fait son entrée sur scène ! Il s'installe seul à son piano, et nous offre deux morceaux magnifiques plein d'émotion : "Il Poeta delle Ceneri " et  "La Notte di San Lorenzo". Puis pour le morceau suivant, "Il pianino delle meraviglie", les quatre autres musiciens ont fait leur entrée en scène l'un après l'autre, enrichissant la musique au fur et à mesure. Il y avait un batteur (et accordéoniste), un contre-bassiste, un violoncelliste (et guitariste) et une clarinettiste (et saxophoniste). Tous les morceaux étaient re-visités pour être joués à cinq, et cela n'enlevait en rien leur charme ou leur richesse musicale, au contraire ! 

Le concert était divisé en plusieurs parties entre lesquelles Nicola Piovani prenait la parole et expliquait ce qu'il allait jouer. Son discours était malheureusement en italien, et bien qu'au début il essayait de le traduire en français, je n'ai pas compris grand chose... En effet, il y avait apparemment beaucoup d'italiens dans la salle, et de personnes comprenant l'italien. Mais il était très sympathique et faisait même des blagues à entendre les rires du public ! J'ai vraiment aimé tous les morceaux qu'il a joué durant ce concert, et je n'en connaissais pas la moitié. J'ai bien sûr adoré "La Stanza del figlio" et "La Vita è bella", qui sont les musiques que je préfère ; j'en ai presque eu les larmes aux yeux ! La dernière partie du concert était "dedicato alla mitologia greca" – c'est la seule partie que j'ai réussi à comprendre, et aussi le fait qu'il a raconté l'histoire de Castor et Pollux. A la fin du concert, Nicola Piovani et ses musiciens ont fait un retour sous les applaudissements du public, puis le compositeur s'est vu remettre le prix Amilcar. Il s'est en même temps excusé d'avoir parlé en italien durant le concert et a malicieusement accusé le personnel de l'avoir informé que tout le monde dans la salle comprenait l'italien ;-) Il a ensuite proposé de refaire tout le concert en français ! J'aurais vraiment adoré, mais il s'agissait bien sûr d'une blague... Afin de nous remercier pour le prix – car "un musicien n'est pas très doué en discours et préfère s'exprimer en musique" – lui et les autres musiciens ont rejoué "Il pianino delle meraviglie", qui est une musique particulièrement entraînante et joyeuse, et qui convenait donc tout à fait au sentiment qu'il voulait faire passer !

J'ai vraiment eu l'impression d'assister à un concert dans lequel les musiciens étaient plus intimes avec le public, et leur musique l'était aussi ; à la fin, j'avais le sentiment de les  connaître. Contrairement aux musiciens d'un grand orchestre, je me rappelais de leur visage, et avais entrevu le caractère de chacun. J'étais triste de les quitter, eux et leur univers magique qui a enchanté ma soirée !

Voici une vidéo de Youtube qui vous permettra de vous faire une petite idée du concert, même si ça ne pourra jamais retranscrire le sentiment qu'on éprouve à le voir pour de vrai.